Soyez attentif à la place, à la disposition des ombres et des reliefs. Le plus souvent l’apparente confusion est significative. L’apparente contradiction traduit une réalité autrement inexprimable (le chevalet, la roue, la manivelle, les rayons, tous « impossibles » de la Roue de Fortune) car l’expérience intérieure a besoin d’être préservée et d’avoir un cadre (arcane XVIII), c’est-à-dire la garder secrète, insoupçonnée, invisible, voilée (la bête de la même couleur que l’eau), mais présente (dans la maison fermée).
Le nom figurant sur chaque arcane majeur se trouve parfois là pour, apparemment, vous embrouiller, ou pour caractériser à l’excès une situation. Méfiez-vous. Le tarot est plein de paradoxes, de chausse-trappes et d’humour. Pour les âmes moralisantes, il est une volée de coups douloureux.
Aucun arcane n’est « bon » ou « mauvais », pas plus qu’aucune station de l’évolution intérieure ou de celle du monde, mais ambivalent ou plutôt riche de deux sortes de vitalité, une pour avancer, une pour se garder, une pour dissoudre, une pour coaguler.
Dernière recommandation : remarquez le graphisme des lettres, et celui des chiffres : les jambages des chiffres, par exemple. Certains plus minces, certains plus épais, attirent l’attention sur la façon dont ce chiffre doit être compris.
Tchalaï
Paru dans “Question de” n°30
mai-juin 1979

