par Laurent Flamand
Louis XVI, représentant de la 13e génération desdits « Rois maudits » par Jacques de Molay, XXIIe (et dernier) Grand Maître Templier brûlé à Paris le 18 mars 1314 avec Geoffroy de Charnay, Précepteur de Normandie, sur l’île aux Juifs (l’actuel Pont-Neuf), fait donc penser par ce rappel historique au témoignage que le tarot porte à la tradition templière…
En effet, les Chevaliers du Temple n’étaient pas que des moines-soldats au service d’un pape, chef d’une chrétienté où l’ésotérisme n’avait pas sa place sous peine de châtiment capital, mais des fidèles au service d’une gnose chrétienne d’influence johannique (Saint Jean l’Evangéliste).
Ces mêmes Templiers se trouvaient attachés par cette gnose à la symbolique des nombres, rejoignant ainsi la Tradition pythagoricienne. D’ailleurs, l’abacus du Maître de l’Ordre (canne en forme de sceptre au sommet de laquelle la croix pattée de gueules à quatre branches de l’Ordre était gravée sur un disque) amenait à faire le lien avec le bâton de Pythagore, canne à mesurer des Maîtres constructeurs.
Cette croix, emblème de l’Ordre, du fait que chacune de ses quatre branches se dédouble, comporte le symbolisme propre au chiffre 8. « Huit » correspond généralement à l’Infini, à l’équilibre entre intérieur et extérieur, mais fait référence également à la forme octogonale (8 côtés) qu’empruntaient les baptistères contenant l’eau bénite (conception bien pythagoricienne). Cependant, les Templiers utilisaient parfois l’ « Etoile hermétique » ou « rai d’escarboucle » jalonnant les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle (chrisme à huit branches aussi appelé « Pendule à Salomon« ).
Cette « Etoile hermétique » n’est pas sans nous rappeler l’Etoile XVII du Tarot. Dans la majorité des tarots anciens, nous pouvons dénombrer effectivement 8 étoiles brillant dans le ciel de cette lame majeure, et notons par ailleurs que la réduction de 17 fait 8.
Les Templiers étaient des Pythagoriciens avertis. Nul doute que le Tarot est assis sur une structure géométrique pythagoricienne, nous pouvons en débattre longuement, et nul doute aussi que le Tarot serait dépositaire des Traditions templières, des bâtisseurs et des imagiers fidèles à la filiation pythagoricienne.
Laurent FLAMAND
Tags : Culture générale, Tarots


Cher Charly
C’est avec grand plaisir que je vous ai lu ! Votre culture d’Humaniste fait évidemment honneur à la grille de lecture du Tarot. D’ailleurs, je ne puis que vous remercier des éléments quant à l’hermétisme kabbalistique que vous apportez. J’en profite tout autant !
Vous complétez ainsi les éléments qui me manquent relatifs à la pensée philosophique occulte du seizième.
Vous avez écrit : « Selon Plutarque (Isis et Osiris), « les Egyptiens se représentaient la Nature du Tout Universel comme le plus beau triangle. […] Ce triangle comporte la partie verticale comme ayant trois longueurs, une partie de base de quatre longueurs et une hypoténuse de cinq longueurs. […] Le nombre trois est supérieur aux autres et parfait, le quatre est le carré élevé sur le côté de la dualité pair, quant au nombre cinq, il appartient d’un côté au Père, de l’autre à la Mère, étant composé de la Triade et de la Dualité. »
Ce triangle rectangle (3 ; 4 ; 5), représentation du Delta lumineux et utilisé encore aujourd’hui dans bien des corporations de métiers (même les viticulteurs), est un des fameux triplets pythagoriciens ; on connaît aussi celui-là : (6 ; 8 ; 10) et d’autres encore…
Ce triplet n’est pas sans nous rappeler le théorème de Pythagore : démontré de son vivant même si déjà connu en Egypte ancienne et à Babylone, mais non démontré dans ces civilisations.
N’oublions pas aussi que Pythagore fut non seulement initié aux Mystères d’Eleusis en Grèce mais ensuite initié au Mystère de Diospolis et à la doctrine de la résurrection d’Osiris en Egypte, et ce pendant 20 ans.
D’ailleurs, vous citiez Plutarque qui dit également de Pythagore en Egypte : « les prêtres lui auraient appliqué sur la cuisse le disque ailé d’Atoum-Râ, en feuille d’or, ce qui lui vaudra le surnom de Pythagore « chrysomère », à la cuisse d’or ». Rien d’étonnant que ce triangle égyptien, représentation du Tout universel, fut transmis à Pythagore qui lui-même à son tour le fit sous une forme numérique.
Ce même triangle, qui sous la forme de la Trinité, accompagna les rites des Templiers très empris du 3 et du 9…
Aussi, ce triangle accompagnant le Tarot dans son trait et dans sa forme comme nous le disions précédemment.
Rappelons que le triangle (rectangle) peut former toutes les figures géométriques inimaginables (même cercle et courbes dans les travaux du mathématicien Riemann), allant jusqu’à participer à l’élaboration de la formalisation mathématique de la relativité restreinte et générale d’Einstein. Trâces pythagoriciennes tout cela…
Triangle, Trinité, principe ternaire universel que nous retrouvons de même dans la culture védique (Visnu, Siva, Brahma) et dans sa représentation des composantes de l’Univers telle que les 3 mondes de notre galaxie : les mondes dits grossiers, intermédiaires dont la Terre fait partie, et les mondes subtils (dont l’Etoile polaire, demeure de Brahma démiurge en charge de la Voie Lactée).
“ Tout est esprit, Tout est matière, selon que l’Unique se dilate ou se condense.”
Véritable règle illustrant la thermodynamique moderne ! Effectivement, la matière est la condensation de l’Energie fondatrice de l’Univers se refroidissant dans la matrice de l’espace-temps et provenant du son unique « om » (ou en astrophysique : « fond diffus de l’Univers »). Du Un (om) est né le Trois…
Curieusement dans le Tarot, l’Excuse indépendant (1) est « suivi » des 21 Atouts (3) puis du 4 (carré des Triomphes) et enfin du 8 des numérales.
Et oui : 1 + 3 + 4 = 8
Comme disait notre regrettée Tchalaï dans sa notice du Tarot de Grimaud de 1981 : « Le Tarot est une maquette de l’Univers… ».
Bonne méditation et joyeux Noël !!! Au plaisir de vous lire Charly.
Bien cordialement,
Laurent
Cher Laurent
Je vous remercie d’apporter tous ces éléments à ma connaissance, n’ayant qu’une culture d’Humaniste somme toute modeste – je ne connaissais Archytas que de nom ! Mais j’espère cette culture suffisante pour l’étude du Tarot. Certes “ Pythagore posa les fondations de la pensée intellectuelle occidentale quant à l’essence du nombre… “ mais les seizièmistes s’accordent pour qualifier les connaissances redécouvertes par les humanistes de sommaire et les qualifient de néo-pythagoriciennes, néo-platoniciennes… La pensée de la fin du XVè au milieu du XVII è siècle est d’ordre magique et les historiens la qualifient de “ philosophie occulte ”, sa très forte composante hermétique et kabbalistique incluant le néo-platonisme. Comme je ne l’avais peut-être pas assez souligné, je considère le Tarot uniquement avec la grille de lecture de ses créateurs, qui est celle par l’hermétisme de la découverte des innombrables correspondances entre l’Homme et l’univers, le premier contenant celui-là.
Ficin abandonnant sur l’ordre de Cosme de Médicis la traduction de Platon pour se consacrer à celle du corpus hermétique prit peur face à cette vision nouvelle et démesurée de l’univers , son ami Calvacanti le rassura en l’exhortant à abandonner la vision terrienne et satanique de Saturne pour la remplacer par celle de l’influence créatrice que la plus haute étoile devait conférer. La gravure de Durer, intitulée à tort Melancholia 1, reflète particulièrement bien ce nouvel état d’esprit.
Je rattache donc les cartes aux “ emblèmes ” ou “ hiéroglyphes ” du temps basés sur la “ magie “ qu’institue la tension entre le nom et le nombre. Cette magie produit l’image informant la psyché, par “ rectification ”. La carte est toujours en trompe l’oeil, c’est là son principal pouvoir informatif, et le nombre n’y apparaît pas premier (si j’ose dire !).
Si je prends la première carte pour illustrer mon propos, je lirai donc premièrement le nom : Le Bateleur, puis je regarderai l’image qui semble effectivement évoquer un bateleur, enfin le nombre. Mais dans le contexte de la Renaissance jamais l’Un ne pourra désigné un bateleur, le nombre me renverra ainsi à une reformulation analogique par tous les éléments de la carte, cette vision sera finalement celle d’un illusionniste/démiurge, le grand architecte de l’univers, si cher aux humanistes.
Je vois ainsi les 21 triomphes. Il m’apparaît évident que le septénaire du “ pouvoir matériel ” : Empereur/Impératrice à l’intérieur du “ pouvoir spirituel ” : Papesse/Pape, appartient à la nouvelle kabbale chrétienne. Mais les triomphes se démarquent quelque peu de la pure “ matrice “ des 22 polygones réguliers générant l’alphabet. Par la loi du septénaire (les 4 + 3 tarots) nous sommes renvoyé au Chariot (Triomphe des triomphes) puis au Pendu (4 X 3) sur laquelle la structure du tarot est fondée comme je l’ai exposé précédemment. Le “ renversement ” induit par le 12 donne bien par effet miroir le 21.
Pour évoquer le Pendu, les “quatre couronnés” et les numérales, je citerai un texte émané des confréries hermétistes : Sept Instructions aux Frères en Saint Jean :
“ De même il faut considérer Atha Gibor Leolem Adonaï, qui signifie Tu es Puissant Seigneur pour l’Eternité, et qui s’écrit A G LA de cette façon, soit quatre lettres en trois groupes, qui est signe de confrérie dans le siècle, et dont la marque est 4 assurément car c’est le signe de la Croix et aussi la manière dont les jambes sont placées, pour être abaissé et relevé selon l’Art, d’où l’on voit la jambe du Christ légèrement repliée sur les images de sa mort et sur celles de sa résurrection lorsqu’il sort du tombeau en l’enjambant. Ainsi le Chrisme conjoint parfois la Croix de saint André et le 4 pour cette raison, et on voit les bâtisseurs de Règle qui l’emploient à divers moments de leurs usages et à plusieurs endroits de leur œuvre, parce qu’ils élèvent le temple de Dieu et qu’il n’est pas d’action plus sainte et aussi intimement liée au temple intérieur par sa figure et par sa méthode.
Enfin il faut savoir que pour parvenir du 1 au 10, il suffit du 1, du 2, du 3, du 4, ceux-ci en addition forment 10 que l’on doit écrire (*) ce qui image fortement l’unité absolue de Dieu l’unique en Ses trois et sept Présences ou Emanations majeures, 4 étant en chacune des sept la totalité nécessaire et suffisante pour parvenir au Tout. D’où l’on voit que la lettre I est une parfaite image du Principe, que l’on dit lod en hébreu, lettre dont la valeur selon la tradition juive est justement 10.”
NOTE * : que l’on doit écrire avec un 1 dans le zéro
Selon différentes règles, les triomphes sont au nombre de 21 ou 22. Dans ce dernier cas, j’ai esquissé par ailleurs une “ géométrie sacrée “ de type hermético-kabbalistique contenue dans le Tarot en recourant à l’art du trait pour tracer un triangle rectangle à l’aide de la corde compagnonnique à douze ou treize nœuds; en portant les longueurs trois, quatre et cinq, nous obtenons l’angle droit avec exactitude.
Selon Plutarque (Isis et Osiris), « les Egyptiens se représentaient la Nature du Tout Universel comme le plus beau triangle. […] Ce triangle comporte la partie verticale comme ayant trois longueurs, une partie de base de quatre longueurs et une hypoténuse de cinq longueurs. […] Le nombre trois est supérieur aux autres et parfait, le quatre est le carré élevé sur le côté de la dualité pair, quant au nombre cinq, il appartient d’un côté au Père, de l’autre à la Mère, étant composé de la Triade et de la Dualité. »
Si nous disposons nos « triomphes » sur ce triangle, les trois premières cartes (hauteur) valent 6 (les 6 jours de la Création), les quatre suivantes formant base 22. Les cinq dernières (hypoténuse) valant 50. Ce périmètre vaut 78. Projetant en miroir ce que la Tradition appelle le « delta lumineux », nous disposerons nos cartes de la treizième (le grand passage ) à l’Etoile pour obtenir le nombre 75. De la Lune au Monde, nous obtiendrons une nouvelle base de 78. La somme de cette nouvelle hypoténuse et de cette nouvelle base nous fera rencontrer le très étrange nombre 153 de la pêche miraculeuse, qui est la somme des nombres 1 à 17, du Bateleur à l’Etoile. Le périmètre entier vaudra donc 231.
« Vingt-deux lettres de fondement. Il les a établies en roue comme une enceinte avec deux cent trente et une portes et Il tourne les roues vers l’avant et vers l’arrière. Comment il a combiné leur poids et les a interverties : Aleph avec toutes et toutes avec Aleph, Beth avec toutes et toutes avec Beth, et elles reviennent de nouveau et se trouvent selon deux cent trente et une portes. Et se trouve tout le Formé, et tout le parler est issu du Nom Un. Il a formé le réel à partir de Tohu et Il a fait le non-être. Il a buriné de grandes colonnes d’air insaisissables. Et ceci le signe : la lettre Aleph avec toutes et toutes avec Aleph.
Prévoyant et exprimant, Il a fait tout le Formé. Et toute la parole, Nom Un. Et signe de la chose : vingt-deux éléments dans le corps d’Aleph » (Le Livre de la Formation, Sepher Yetsira).
En conclusion toute provisoire, j’adhère certes à votre proposition “ Le Mat… L’Un sur le Chemin (longueur)” entre les deux “bouts” des joueurs : le 1 et le 21, bien que le Mat n’aie pas le nombre 1, en tant que fou il pourrait être “ nombre irrationnel “: 22/7è!
Si le 21 exprime la 21è expression de l’UN, le Mat symbolise non pas l’infini de cette expression, mais l’indéfini.
La règle l’imposant, les 3 triomphes/tarots ne peuvent être séparés et correspondent à la tri-unité, plus exactement à la Trinité d’en-haut et au ternaire d’en-bas (soufre-sel-mercure). Dans cette double lecture, les cartiers considèreraient le Christ comme résumé de tout ce qui appartient au plan de l’Esprit et le Mat/Hermès comme l’agent/principe de la Nature, l’anima mundi, sachant que selon l’hermétisme : “ Tout est esprit, Tout est matière, selon que l’Unique se dilate ou se condense.”
Bien cordialement,
Charly
Cher Charly,
merci pour vos commentaires agrémentant d’avantage l’aventure à laquelle nous prenons plaisir à débattre…
« Aussi quand vous dites : “ d’après le principe de Pythagore : Tout est nombre ”, pour moi la référence (dans le contexte) est platonicienne ! »
En fait, Platon partageait ce principe puisque lui-même appartenant à la filiation des pythagoriciens. Nous lui devons d’ailleurs pour référence son travail reconnu sur les « solides de Platon ».
Entretenons nous aussi de Aristote qui rapporte que pour les pythagoriciens « les choses sont des nombres », »les nombres se trouvent dans les choses », « les nombres sont les causes et les principes des choses », aussi « les choses sont constituées par les nombres » ; Aristote -Métaphysique-. En tout cas, Pythagore posa les fondations de la pensée intellectuelle occidentale quant à l’essence du nombre…
« Certes, mais ce que vous appelez nombre triangulaire se rapporte (tardivement) au concept de “ gloire “ qui est de l’ordre de la nouvelle kabbale : chrétienne. »
Je ne pensais pas à cela mais à une référence de cette époque de la Grande Grèce, telle que les appellations que donnaient déjà les pythagoriciens à ces « nombres-causes » que sont les trigonoi (nombres triangles), tetragonos (nombre impair ou carré) etc.
Pour ce qui est du nombre 21, de type trigonoi, ce dernier est constitué de côtés formés de 6 éléments. Je parlais de 21 en ce sens. Il est vrai que l’on se réfère aisément, pour parler de ces nombres, au nombre de la géométrie sacrée le plus connu ou Tétraktys [Tétrade]…
« Je n’ai pu comprendre votre formulation de : “ l’excuse est une LONGUEUR formée d’un élément soit un point. ” Je serai intéressé par un développement. »
En effet, par rapport à cette construction géométrique 1 – 21 – 16 – 40 du Tarot, l’Excuse prend la place du 1. Dès Archytas, les pythagoriciens associent le 1 au point. Egalement, un point est une longueur formée d’un seul point mathématiquement parlant. Puis le Mat semble être une carte indépendante dans le jeu, dans sa symbolique comme dans sa position mathématique ; il y a 21 atouts dont la médiane est le 11. S’il faisait partie de ces atouts, la médiane serait décimale. Ainsi 1 – 21 – 16 – 40.
Le Mat, le Fol, l’Excuse est Un mathématiquement mais aussi symboliquement l’Unité indépendante et détachée. L’Un sur le Chemin (longueur)…
Bien cordialement,
Laurent
Cher Laurent
Merci d’avoir explicité votre point de vue. J’applique aux cartiers la grille de lecture de leur temps, à très forte composante hermétique et dans une moindre mesure (comme je l’avais dit précédemment) platonicienne, pythagoricienne et kabbalistique. Si les influences hermétiques et kabbalistique sont évidentes à étudier – parce que nouvelles – il en est pas de même pour les deux autres. Aussi quand vous dites : “ d’après le principe de Pythagore : Tout est nombre ”, pour moi la référence (dans le contexte) est platonicienne ! C’est pourquoi j’utilise les termes de néopythagorisme et néoplatonisme à la manière des seizièmistes. Ceci peut apparaître de peu d’importance me direz-vous, cependant il est capital de comprendre que ce que les humanistes appellent science pythagoricienne désigne avant tout une géométrie “ sacrée ” ou une « cabale géométrique : » Par même tétrade pythagorique déduisez … »
Je vous cite : “ le Tarot est composé d’un groupe de 21 atouts. 21 est un nombre triangulaire, aussi nous comptons 16 triomphes : 16 est un nombre carré, et les lames des “éléments” soit 40, est un nombre octogonal.”
Certes, mais ce que vous appelez nombre triangulaire se rapporte (tardivement) au concept de “ gloire “ qui est de l’ordre de la nouvelle kabbale : chrétienne. Si je considère le nombre 6, la “ gloire ” de ce ce nombre est 21 : 1+2+3+4+5+6 = 21. Ainsi la création est basée sur le nombre 6 (des Jours). Le zodiaque employait 6 signes remontant (la roue du temps) et 6 signes descendants. La Roue de Fortune me parait bien être un zodiaque simplifié au maximum jouant simultanément avec les sublimations alchimiques. Le Pendu est très souvent au centre de deux branches composées de 6 rameaux, ainsi le Tarot m’apparaît premièrement comme un zodiaque démultiplié : la “ gloire ” de 12 valant 78.
Quand l’hermétisme se réfère aux nombres c’est selon la kabbale et la doctrine chrétienne des nombres (selon Saint Augustin), ainsi le quaternaire des éléments et le ternaire (soufre-sel-mercure et âme-corps-esprit) forment la totalité exprimée par le concept des 7 tarots (3 + 4). Mais le ternaire ne peut infléchir le mouvement des quatre éléments dans la nature, alors que dans le Grand Oeuvre, le ternaire organise les quatre éléments à l’image de la trinité, par « multiplication ». C’est bien l’enseignement du XII (3 X 4), maîtresse carte et « poutre maîtresse », le Pendu faisant le : 4 de chiffre au centre de son portique ternaire, par “renversement“ il renvoie au XXI : tri-unité au centre des 4 éléments.
Il est logique d’enlever les 3 “bouts” des joueurs, les 3 tarots : Bateleur/Mat/Monde qui n’en font qu’un, il nous reste 19 cartes et 19 exprime le nombre du Soleil en grec, retour à Pythagore ? Peut-être, mais l’Art du Soleil est l’alchimie.
Un triangle sur un carré est un des symboles de la pierre philosophale et c’est bien le problème de l’obtention de la quintessence par la fameuse « quadrature du cercle » que prétend résoudre l’alchimie (l’hermétisme dans sa pratique). Les textes contemporains du Tarot répètent à satiété cette condition de » cabale hermétique « , ainsi l’emblème XXI ! de Michel Maïer : » Fait à partir de l’homme et de la femme un cercle puis un carré, ensuite un triangle. (re)fais un cercle et ainsi tu obtiendras la Pierre Philosophale « .
Je n’ai pu comprendre votre formulation de : “ l’excuse est une LONGUEUR formée d’un élément soit un point. ” Je serai intéressé par un développement. Enfin j’abonderai dans votre sens pour dire que » le Tarot nous réserve à ce sujet bien des surprises… »
Bien cordialement
Charly
Merci pour votre commentaire passionnant (et passionné) cher Charly, avec lequel je partage le fait que les Triomphes appartiennent à une imagerie venue de la Renaissance. D’ailleurs, il suffit d’observer ceux qui illustrent le tarot parisien de Jean Noblet, pourtant déclaré comme le tarot français (à canon « marseillais ») le plus ancien soit de 1650 : début de la Renaissance italienne…
Toujours pour ce qui est de l’image (une partie en est moyen-âgeuse certes), je ne pensais pas aux travaux de Alain Bougearel lorsque j’évoquais ladite structure géométrique pythagoricienne…
En effet, je ne mentionne point la structure des composants géométriques des images (des atouts par exemple) mais plutôt les nombres géométriques (ou figurés si l’on préfère) qui indiquent les groupes de lames de même nature dans la forme du Tarot…
Pour être clair, d’après le principe de Pythagore « Tout est nombre », le Tarot est composé d’un groupe de 21 atouts. 21 est un nombre triangulaire, aussi nous comptons 16 triomphes : 16 est un nombre carré, et les lames des « éléments » soit 40, est un nombre octogonal.
Pour continuer, l’excuse est une longueur formée d’un élément soit un point.
Résumons-nous : un point (1), un triangle (21), un carré (16) et un octogone (40). Ceci est une structure géométrique pythagoricienne.
Il est évident que cet exposé est le résultat de calculs formels mathématiques, mais je puis vous dire que le Tarot nous réserve à ce sujet bien des surprises…
Au plaisir de vous lire & cordialement,
Laurent FLAMAND
Cette “Etoile hermétique” n’est pas sans nous rappeler l’Etoile XVII du Tarot. Dans la majorité des tarots anciens, nous pouvons dénombrer effectivement 8 étoiles brillant dans le ciel de cette lame majeure, et notons par ailleurs que la réduction de 17 fait 8.
Je suis d’accord cher Laurent et je pense bien sur à l’ancienne confrérie de L’Estoile Internelle qui date du XVIè siècle et toujours existante (à peine !) at qui transmit à l’auteur du Bestiaire du Christ ses symboles hermétiques.
Vous écrivez : « Les Templiers étaient des Pythagoriciens avertis. Nul doute que le Tarot est assis sur une structure géométrique pythagoricienne, nous pouvons en débattre longuement, et nul doute aussi que le Tarot serait dépositaire des Traditions templières, des bâtisseurs et des imagiers fidèles à la filiation pythagoricienne. »
Là, rien n’est moins sur, les Templiers appartiennent à la pensée du moyen-âge et l’on sait très peu de choses sur eux. Le Tarot avec sa cinquième « bande » de Triomphes ajoutés aux 4 « éléments » moyen-âgeux, justement, est un pur produit de la Renaissance, siècle de la Quinte-essence. La redécouverte des écrits attribués à Hermès a illustré les tarots, mais aussi de moindre manière, le néo-platonisme, le néo-pythagorisme et la kabbale tout cela venant à la connaissance des humanistes. Ce néo-pythagorisme n’est guère présent que dans les Epées et les Bâtons : le nombre impair masculin souligné, mais les Deniers expriment parfaitement les figures géomantiques choisies par les hermétistes.
La structure géométrique pythagoricienne que vous évoquez me fait songer aux travaux, déjà anciens, de Alain Bougearel. L’entreprise était courageuse et séduisante mais n’a pu tenir ses promesses. Le triangle équilatéral sacré récupéré par les kabbalistes chrétiens contemporains du Tarot ne pouvant être représenté que vide (d’attributs) et entouré de » gloire » ou encore ne contenant que le tetragramme sacré.
Cordialement
Charly Alverda