par Laurent EDOUARD
L’argent est un sujet tabou. Janine Mossuz-Lavau, sociologue affirme que l’argent en France (les Américains possèdent un rapport à l’argent beaucoup plus décomplexé) est encore plus tabou que le sexe ! Les médias traitent plus volontiers de sexe que d’argent, c’est peu dire… Le salaire est perçu comme un indicateur de ce que vaut une personne et de ce qu’elle mérite. Le poids du catholicisme, religion tournée vers les pauvres, ajouté à celui du marxisme qui a influencé une bonne partie de la gauche française, induisent une idée négative du profit. Les curieux liront avec profit l’ouvrage de Janine Mossuz-Lavau intitulé « L’argent et nous« , Editions de la Martinière – 2007.
En matière de voyance, le tabou est amplifié par la question du don. Peut-on faire payer le fruit d’un don ? Certaines personnes ne peuvent s’empêcher de penser que la faculté d’aider les autres résulte d’un don et qu’il ne faut pas en tirer profit. Elles évoquent l’exemple des chamans et autres guérisseurs traditionnels qui offrent leurs services. C’est oublier que dans ce type de culture, le village tout entier participe à la vie du chaman et de son foyer. Sa nourriture est assurée et des cadeaux contribuent à compenser son action bienfaitrice.
Notre société occidentale repose sur un système totalement différent, celui de l’échange d’argent. Il est donc naturel qu’un voyant confiant en la qualité de sa prestation demande à être rémunéré, d’autant que le système fiscal lui ponctionne grosso modo (de manière grossière) la moitié de ses revenus.
En cette période de crise économique et de difficultés financières, il est de bon ton de baisser ses tarifs et de l’annoncer sur la place publique. Un moyen comme un autre de s’acheter une bonne conscience. Une manière aussi de se faire de la publicité gratuite (sic) sur une action politiquement correcte.
Le rapport à l’argent s’installe au cours de l’enfance. C’est une période de la vie où les inégalités se font durement sentir. Pour l’enfant, l’argent possède le goût du sucré, il permet de s’acheter des bonbons, puis un goûter à la sortie de l’école. Tous ne peuvent pas s’en offrir. Cela structure alors un rapport douloureux à l’argent qui perdure au cours de la vie de l’adulte.
Dès lors que l’on a admis l’évidence, à savoir que le voyant doit encaisser des honoraires, il reste la question du montant de ces honoraires. Chacun les estimera en fonction de la représentation qu’il se fait de la valeur de sa prestation, de sa culture, de son enfance, et de ses convictions politiques et spirituelles !
Car l’argent est une énergie spirituelle. Et je ne parle pas là de l’exploitation de la confusion et du vide intérieur de nos contemporains. Contre de l’argent on vous prédit l’avenir ou vous pouvez acheter un objet qui, soit disant, vous apportera chance et sérénité. Non, je parle d’une réalité objective dans un système de pensée holistique. Le chakra de Base – MULADHARA Couleur Rouge – se situe au niveau du plexus pelvien et peut être harmonisé au niveau des trois dernières vertèbres coccygiennes ou du pubis. C’est la base, le solide, c’est lui qui crée la cohérence des six autres chakras. Il se rapporte à la naissance (fécondité, procréation), la manifestation de la conscience mais aussi à la survie du physique (Volonté de vivre, instinct de survie), à la sécurité intérieure, aux structures, à l’argent et à la sexualité.
Les honoraires d’une consultation de voyance sont également liés à la nature de cette consultation et à sa rareté. Chaque praticien propose un service unique. Toutes les consultations ne se ressemblent pas. Certaines sont dispensées dans un cadre luxueux, d’autres dans une roulotte ou un troquet. Certaines sont le fruit d’un long travail d’apprentissage (donc coûteux), d’autres sont le fruit de dispositions innées. Etc. La qualité de la consultation est indépendante de ces paramètres (une voyance en roulotte peut s’avérer de meilleure qualité qu’une voyance réalisée dans un palace), néanmoins les frais engagés par le professionnel ne sont pas les mêmes et se répercutent inévitablement sur la facture finale. C’est du simple bon sens !
Selon Janine Maussuz-Lavau, seuls les gens de droite sont capables de dire qu’ils aiment l’argent. Ils sont prêts à travailler beaucoup plus pour gagner plus (sic). Les voyants seraient-ils majoritairement de gauche ? C’est la question que je me pose à la lecture de certains forums consacrés au sujet… mais c’est encore une autre histoire !
Tags : Consultation, Controverses, Voyance


je me suis certainement mal exprimée. je sais pour ma part que durant dix ans je n’ai pas augmenté le prix de mes consultations. j’ai au contraire fait attention en « arrangeant mes clients » de me régler en deux fois s’ils n’avaient pas les moyens » un chèque au rendez-vous un autre lorsqu’ils le souhaitaient à leur date voulue. mon boulanger à moi ne me fait pas crédit… alors quand je n’en ai pas les moyens j’achète une demie baguette. ghislainedecarli.
« la baguette de pain est le même prix pour tout le monde. » Non ! Carli Ghislaine, c’est là où le bas blesse ! Car mon boulanger me dit (authentique) : « on augmente le prix de la farine, de l’électricité, j’augmente le prix de ma baguette « , idem disent les bouchers, charcutiers, marchands de légumes …les commerçants, augmentons, « répercutons ». Mais le chercheur, l’employé, l’ouvrier, celui qui fait vivre les commerçants, ne voit pas son salaire augmenter mais vois (au moins depuis le passage à l’euro) considérablement diminuer son pouvoir d’achat. Mais pas les commerçants qui répercutent leurs « marges », ils ne paient donc pas le même prix la nouriture de base que les autres ! Et cette nourriture de base, si elle nous manque – et si nous ne devenons pas commerçants – nous irons la voler, Madame.
De quel côté serez-vous ?
Au dela de l’argent qui en soit n’est rien car il ne depends que de la valeur que nous lui donnons (moi le premier), quelle est la valeur que le consultant donne a ce qu’il vient chercher ?
Quand je choisis de donner de mon temps (ne pas faire payer mon intervention); c’est avant tout mon choix et je l’assume pleinement. Je ne viens pas chercher un salaire monetaire mais simplement recevoir ce que l’autre a à me donner.
Certes, il est des domaines ou je dois faire payer en euros ce que je fais car c’est ainsi. Sans quoi la valeur qui est accordée par celui qui reçoit n’est pas a la hauteur de ce que cela me demande. j’en ai aussi fait l’expérience de gens qui appellent sans arrêt tant qu’ils ne reçoivent pas la première facture en se disant que de toutes façons c’est compris dans le forfait et qui en recevant la première facture disent soudain que c’est trop cher… et demandent un prix qui n’est pas en rapport avec ce qu’ils ont demandé. et la a une certaine époque j’ai accepte de baisser mes prétentions sur ce que je vaux. mais mon axe a désormais changé et mon temps a une certaine valeur qui me permet de faire le choix par ailleurs d’en offrir une partie a ceux qui ne pourraient pas forcement se le payer.
Est-ce juste ? je n’en sais rien. tout ce que je sais et cela me suffit, c’est que ce choix me convient dans ma vie.
Bonjour,
Le commerce* de notre art est parfois mal perçu, et pourtant nous vivons dans un pays où tout se paie, tout à un prix. Le croissant que j’achète ( très très rarement) à la boulangerie de mon quartier est à 0,90€ (5,90frs !!!!), cela devient donc un luxe pour beaucoup même à l’occasion du petit déjeuner dominical… La boulangerie est aussi, à mes yeux, un art et une passion ! Cet homme qui chaque matin prépare des baguettes de pain, des croissants et des brioches se lève tôt pour nous les confectionner, il reste heureusement des gens qui font tout de leurs mains avec la passion de leur métier, et qui n’en sont pas arrivés à n’avoir de boulangerie que le nom pour n’être finalement que des terminaux de cuisson. Ce qui finalement reviendrait à faire de la voyance avec un logiciel informatique où nous n’aurions qu’à entrer quelques données pour donner un semblant de voyance…
Ce que je lis ici est inquiétant. Nous avons tous à faire face à des difficultés de chef d’entreprise et lorsqu’on se fait rémunérer certains trouvent cela dérangeant. Mais comme ce boulanger nous sommes les maîtres d’oeuvre de notre art et comme ce boulanger nous avons des charges à payer, même si nous n’avons pas la matière première à régler auprès d’un fournisseur, car nous sommes notre propre fournisseur.
Qui aujourd’hui dans notre pays peut vivre sans percevoir la moindre rémunération? Qui peut élever ses enfants sans leur acheter le nécessaire indispensable pour étudier, alors que pourtant on prétend l’école gratuite?? Souvenez-vous de ce mois de Septembre où la cohue dans les magasins battait son plein pour acheter les fournitures pour nos chers bambins. Gratuité de l’école?? (Cela vous à coûter combien ? )
Alors nous, voyants, ayant un don, pourquoi offririons nous nos prestations? Qui m’a apporté mon pain aujourd’hui? Qui paiera le chauffage de l’hiver? Qui paiera l’eau de ma douche? PERSONNE à part moi!
Aider mon prochain est mon but, lui donner les éléments nécessaires à une vie plus sereine, le guider vers un route plus lumineuse est sans nul doute un travail qui me passionne mais cette passion à un prix ( charges sociales, loyer, électricité, chauffage, ligne téléphonique et Internet, taxes diverses et j’en passe…), parce que je fais mon travail en suivant la règle, la loi !
Je n’ai encore jamais trouvé sur mon paillasson la moindre baguette de pain, ni les 5 fruits et légumes qu’on nous conseille gentiment de manger chaque jours, encore moins l’argent nécessaire pour régler les études supérieures de mon enfant. Alors je me fais rémunérer, est ce si mal que ça ??
Je n’ai pas de solution miracle… si quelqu’un en a une, merci d’avance ! A bon entendeur !…
Salomé
* Un voyant est administrativement et fiscalement assimilé à un commerçant.
j’ai dû il y a quelques années arrêter ma profession de médium (pour la reprendre) car je faisais souvent gratuites mes consultations ou elles étaient réglées avec des légumes et des poulets. (etc)les charges m’ont rattrapée. là où j’ai rééllement pris conscience qu’il fallait prendre raisonnablement deshonoraires aux clients c’est lorsque j’ai eu un contrôle fiscal car d’après le service des impôts je ne gagnais pas assez d’argent. il m’a fallu prouver que je n’avais pas d’autres compte que le mien, les impôts sont allés visiter ceux de mes parents et de mes soeurs, pour ne rien trouver. d’une amende horrifiante il a fallu des mois de combat pour la faire diminuer considérablement n’ayant aucune preuve de ce dont l’on m’accusait. pas de train de vie luxueux, pas de dépenses inutiles, pas de surplus. c’est un chinois qui m’a contrôlé à la fin de ce contrôle qui a duré 3 mois je lui est offert une bouteille de saké. oui médiums et voyants faites vous payer comme un travail normal, toute peine maintenant je pense mérite salaire. la baguette de pain est le même prix pour tout le monde. nous avons un loyer, l’éléctricité etc. exactement ce que dit Emmannuelle. au jour d’aujourd’hui, je ne me fais plus avoir et demande au gens qui veulent me consulter si l’on me demande grauitement une consultation soit de faire leurs économies soit de me régler en deux fois. pourtant à la campagne mon tarif n’est pas élevé. mais aussi le manque d’argent et de travail de cette région m’obligent à faire encore des concessions mais plus de gratuité. bien à vous. ghislainedecarli
Je ne sais pas si les voyants sont majoritairement de gauche, mais je pense par contre qu’il leur semblerait dangereux d’affirmer le contraire !
Justement parce qu’il est « mal vu », pour des individus dont la vie est tournée vers les autres, d’envisager d’accumuler des richesses.
Sauf que, avant de devenir « riches », les voyants, comme tout un chacun, doivent trouver le moyen de survivre. Et oui, peut être que ceux qui pensent que nous devrions offrir gracieusement nos services ignorent que nous mangeons, que nous avons besoin d’un toit pour les recevoir, d’une ligne de téléphone pour pouvoir les appeler, d’une connexion internet, etc.
Pour ma part, je me suis installée comme tarologue avec le désir vrai d’aider. Désirant que ma prestation soit la plus accessible possible, j’avais fait le choix de tarifs largement raisonnables.
Les réalités économiques ont fini par me rattraper avec les premières factures de charges sociales.
Ironie du sort : non seulement je ne gagne pas d’argent, mais la tendance va plutôt vers la perte.
Aussi ai-je pris la décision d’augmenter (légèrement) mes tarifs.
Cette décision, par les temps qui courent, serait-elle politiquement incorrecte ? Dans ce cas, je suis ouverte à toutes les suggestions qui me permettront de continuer sans couler…